Spilliaert en corps
EN RÉSIDENCE DÈS LE 23/02. Une traversée des zones d’ombre de la solitude, où l’univers de l’artiste s’infiltre jusque dans la chair du mouvement.
Haïku – Taylor Lecocq
Dans un espace sombre, isolé et silencieux, un homme est assis seul face à une table. Il évoque une atmosphère morose, une beauté solitaire, un vide de l’esprit, une suspension curieuse du temps, une stase lugubre, un silence inviolable. Ses prunelles, enfoncées dans leurs orbites, sont presque entièrement dissimulées : elles semblent atteintes de somnambulisme ou douées de nyctalopie. Qu’observe-t-il ? Qu’attend-il ? Quelles sont ses pensées ? Il nous plonge dans l’angoisse d’un malheur qui est peut-être sur le point d’arriver.
Note d’intention
“Ma recherche est basée sur la démarche et le travail de l’artiste Léon Spilliaert. L’idée m’est venue lors d’une audition pour la compagnie Mossoux-Bonté, durant laquelle la chorégraphe Nicole Mossoux m’a dit que ma boîte crânienne avait une étrange ressemblance avec les autoportraits de l’artiste, que je ne connaissais pas alors. Elle m’a offert un livre sur Spilliaert et m’a suggéré de créer un spectacle autour de ses œuvres. Après avoir lu ce livre, un intérêt grandissant est né en moi pour Léon, autant pour l’homme que pour l’artiste. Cet attrait pour Spilliaert m’a profondément troublé, car j’ai découvert de nombreuses similitudes entre lui et moi, tant sur sa vie privée que dans ses œuvres. C’était comme si je me voyais à travers lui. Comme lui :
“Ma pensée intime est que je me développerai tard. Tout ce que je fais à présent est peu de chose, en comparaison de ce qui dort encore en moi ! Je suis encore toujours une brute et un barbare, dont les facultés sommeillent.”—Léon Spilliaert, Avec la mer du Nord, 2023.
Ces ressemblances entre son univers artistique et le mien ont éveillé en moi l’envie de créer quelque chose ayant pour thème l’humain, l’artiste et ses œuvres.
Léon souffrait de problèmes de santé et d’insomnies ; il marchait le long de la digue la nuit, trouvant son inspiration dans Ostende, qui représente son paysage intime. C’est lors d’une insomnie due à des problèmes d’acidité gastrique que ma propre recherche et mon inspiration ont commencé. Je me suis alors rendu compte que la solitude était très présente, une solitude semblable à celle que je ressens lors de mes propres marches nocturnes, comme elle l’était pour Léon, et que l’on perçoit dans ses œuvres. Ce constat faisait sens pour moi, m’amenant à me questionner sur ce projet et sur moi-même.Cette solitude intérieure évoque une angoisse, un dialogue entre soi et ses propres démons, renforçant l’idée d’un artiste en quête de lui-même. N’est-elle pas l’élément déclencheur ?Dans ses tableaux, ce qui me touche particulièrement, c’est cette solitude, ce silence intérieur et cette étrange sensation de mort qui rôde parfois autour. Cela me questionne sur ma propre solitude intérieure. C’est dans cette direction que je souhaite axer mon travail, car je m’y retrouve profondément. Je suis un artiste en quête de moi-même et de ma singularité. La traversée des œuvres de Léon, qui évoquent en grande partie la solitude, est quelque chose d’universel, de troublant et qui interpelle.
Taylor Lecocq
Distribution
Chorégraphe – interprète : Taylor Lecocq
Collaboration artistique – Aide à la dramaturgie : Colline Libon
Collaboration artistique – Regard sur les méthodes somatiques : Marielle Morales
Maquillage – Coiffure : Rebecca Flores
Créateur sonore : Frédérick Miclet
Créateur lumière : Jean Jacques Deneumoustier
Costume – photographe – vidéaste : Victor Gil Garcia
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Production : Compagnie Haïku
Soutien à la production : Léa Maucourt
Soutien et remerciement : Cie Mossoux Bonté – Canine Collectif – MoveZone
Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Service Général de la Création Artistique – Service de la Danse
Résidences
Spilliart en corps
LU 23 VE 27/02