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Bilan de saison à Mouscron

Une interview de Mahé Brombart

Après une Licence en Métier des Arts et de la Culture, Florence a commencé à travailler pour des compagnies théâtrales. Elle a ensuite fait une incursion au Service provincial des Arts de la Scène, à la Fabrique de Théâtre, passage qui lui a beaucoup appris sur le côté plus institutionnel et plus provincial de la Culture. Florence embarque au Centre culturel de Mouscron en tant que directrice en avril 2024.

Un public curieux et ouvert

Cette première année a été l’occasion de mettre en place le projet que j’avais proposé lors de ma candidature. J’étais très curieuse de voir comment allait réagir le public. Et, à ma grande satisfaction, j’ai tout de suite découvert que nous avons un public curieux et très ouvert. D’ailleurs, nous n’avons pas vraiment eu de difficulté particulière pour fédérer le public de la région. On l’a notamment constaté en proposant « Ovni rêveurs », un texte de l’artiste autiste sans paroles Babouillec. On a quand même réussi à faire venir une centaine de personnes. Tout le monde est ressorti ravi, y compris les personnes qui n’étaient jamais venues au théâtre. C’était une proposition plus « compliquée » et ambitieuse, mais elle a plu. C’est une expérience qui nous a montré que nous étions sur le bon chemin.

Ramener le public au Centre

Au fil des années, une partie du public s’était dirigé vers la programmation de Tournai et ne venait plus du tout ici. Alors, pour rappeler l’existence du Centre culturel et la pertinence de sa programmation, j’ai pris mon bâton de pèlerin. J’ai commencé la saison en la présentant à la demande, directement chez les gens, dans des clubs sportifs, des commerçant… Bref toute assemblée possible d’au moins dix personnes ! Dans le fond, notre programmation complète celle de Tournai et rencontre même une partie du public du Colisée de Roubaix. Il y a encore un gros travail sur les publics à effectuer, mais on sent qu’il y a une confiance qui commence à se développer.

Repartir de zéro

Avant mon arrivée il y avait beaucoup de programmation musicale. Quant à la programmation théâtrale, était le fait du théâtre de La Virgule (Tourcoing). Dès mon arrivée, j’ai décidé de développer l’offre. Plus de diversité dans la programmation. D’avantage de disciplines qui sont mises en avant grâce à la médiation. Cette démarche ouverte a rapidement trouvé son public, ce qui est plutôt encourageant pour une première saison.

Reconnexion

J’ai trouvé que c’était prioritaire de se reconnecter avec le public, d’être là pour accueillir les gens. Donc j’ai fait le choix d’être présente à tous les spectacles. C’est bien beau de parler  convivialité mais si on n’est pas là pour accueillir les gens, ça n’a aucune sens. Accueillir le public, échanger quelques mots après un spectacle : ça influence positivement la confiance qui est accordée à la programmation. Ça rends les spectatrices et spectateurs actrices et acteurs de leur centre culturel.

Public scolaire : sortir des sentiers battus

Cette saison, on a vraiment essayé de faire des propositions différentes tout en répondant aux besoins des professeurs. Ils s’attendaient à avoir un Molière en costumes. On est sorti des sentiers battus en leur proposant « Splendeur et misères » d’après « Les illusions perdues » de Balzac. Et les gamins ont été subjugués ! Du coup, on a fait ensuite une proposition de « Le Jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux mais dans une mise en scène complètement détonnante, très contemporaine. Résultat incroyable: des jeunes sont restés scotchés durant 2h40 (sans entracte !) Puis, à la fin, ils ont souhaité rencontrer les comédien.ne.s plutôt qu’aller se restaurer ! Avec Babette qui s’occupe du jeune public, on s’est regardé en se disant : mission accomplie !

Vie privée vs vie professionnelle

Ma vie privée influence mon travail, c’est sûr. La générosité que j’ai dans la vie privée se ressent forcément dans la vie professionnelle. Rencontrer les gens, gérer l’équipe… Ça demande une implication de tous les instants. J’ai de grands enfants et un mari très compréhensif, du coup, ça n’est pas un problème en soi.

Collaborer avec la Fabrique de Théâtre

Dès le départ, collaborer avec le Service provincial des Arts de la Scène était une évidence pour moi. Il y a de nombreux ponts qui se créent, à la fois avec les résidences mais aussi avec les compétences du personnel. J’ai également conservé des liens avec La Fabrique de Théâtre et Valérie Cordy, sa directrice. Le festival annuel Les Fabriqués est un moment inratable qui permet de rencontrer les compagnies, des projets forts, mais aussi nos homologues des autres Centres culturels. C’est une collaboration qui est précieuse.

De la première à la dixième saison…

On va pas se mentir : le contexte est compliqué. On est actuellement en attente du renouvellement de notre contrat-programme. Mais imaginons que tout aille bien et qu’il y aura, un jour, une troisième, une cinquième et même une dixième saison… J’aimerais vraiment que les salles soient remplies à chaque occasion. Que la confiance avec le public soit totale. Qu’il y ait une grande mixité (y compris, d’ailleurs, avec les résidents du Centre FEDASIL) et que ça soit la fête de pouvoir se rendre au Centre culturel. Histoire de devenir le temps d’un spectacle ou d’une discussion, des frères et soeurs de théâtre !

Cliquez pour accéder au site du Centre culturel de Mouscron
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